

Ça a commencé par une presse d’occasion.
Lilou a acheté sa première presse à chaud en ligne, payée avec ses économies, installée sur la table de cuisine. L’idée n’était pas de partir une entreprise. C’était de faire ses propres vêtements, parce que ce qu’elle voulait porter n’existait pas dans les magasins.
Les premières pièces étaient pour elle. Puis pour des amis. Puis un café du quartier a demandé douze chandails pour son équipe, et l’atelier avait un premier client.
Ce qu’elle a découvert en cherchant à sous-traiter.
Quand les commandes ont dépassé ce que la table de cuisine pouvait absorber, Lilou a fait le tour des ateliers montréalais pour comprendre le marché. Elle en est ressortie avec une seule observation, qui est devenue le modèle d’affaires de Maison Brody.
Presque personne n’affichait ses prix. Presque tout le monde refusait les petites commandes. Et le café du quartier, avec ses douze chandails, n’intéressait à peu près aucun d’entre eux.
Elle a donc gardé la production chez elle, ajouté une machine à broder, et décidé de faire exactement l’inverse : afficher les prix, accepter toutes les tailles de commande, et répondre elle-même.
Pourquoi « Maison ».
Parce qu’une imprimerie imprime et qu’une maison habille. Le mot dit ce que l’atelier fait vraiment : il ne pose pas un logo sur un vêtement, il transforme une marque en quelque chose qui se porte.
Et « Brody ».
Un nom trouvé dans un carnet, parmi une vingtaine d’autres, choisi parce qu’il sonnait comme un nom de famille qu’on ferait confiance sur une étiquette. Il n’y a pas d’histoire de famille derrière. Il y a une jeune entrepreneure qui voulait que sa marque ait l’air d’exister depuis longtemps, pour que ses clients n’aient pas à se demander si elle serait encore là l’année suivante.